Instituée pour financer des actions en faveur des personnes âgées et handicapées, la journée de solidarité suscite chaque année des questions très concrètes. Comment s’organise-t-elle, qui est concerné et quel impact sur la paie et les charges patronales ? Dans cet article, on passe en revue le jour de solidarité 2022, avec des explications claires et des exemples pratiques pour éviter les erreurs d’organisation et de rémunération.
💡 À retenir
- La journée de solidarité a été instaurée par la loi du 30 juin 2004.
- Les salariés doivent effectuer 7 heures de travail non rémunéré par an.
- Une cotisation de 0,30 % de la masse salariale est versée par les employeurs.
Qu’est-ce que la journée de solidarité ?
La journée de solidarité est un dispositif par lequel les salariés accomplissent jusqu’à 7 heures de travail sans rémunération, tandis que les employeurs versent une contribution dédiée au financement de la perte d’autonomie. En pratique, il s’agit d’une journée ou d’un quota d’heures ajouté au calendrier de l’entreprise pour soutenir un objectif d’intérêt général.
Ce cadre a été instauré par la loi du 30 juin 2004. La mise en œuvre concrète varie selon les accords collectifs ou, à défaut, selon la décision de l’employeur. La journée choisie peut être un jour habituellement travaillé, un jour férié autre que le 1er Mai, ou la suppression d’une journée de RTT. Le principe reste identique pour le jour de solidarité 2022 : l’entreprise définit un cadre, puis les équipes s’y conforment.
Historique et objectifs
La journée de solidarité poursuit un objectif de financement pérenne pour accompagner l’autonomie des personnes âgées et des personnes en situation de handicap. Au fil du temps, les modalités se sont assouplies afin de donner plus de latitude aux entreprises dans le choix du jour et de l’organisation, tout en conservant l’esprit initial : un effort collectif clair et traçable.
Les modalités d’application pour les salariés
Pour un salarié à temps plein, la règle est simple : 7 heures de travail sont effectuées sans rémunération supplémentaire. Pour un salarié au forfait-jours, cela correspond à une journée de travail supplémentaire non rémunérée. Pour le temps partiel, le volume est proratisé. Exemple : 20 heures par semaine sur une base de 35 heures équivaut à 20/35 × 7 = 4 heures à effectuer.
Côté paie, la journée de solidarité n’entraîne pas de baisse de salaire pour les salariés mensualisés : on ajoute des heures travaillées sans les payer en plus. Si l’employeur planifie plus que 7 heures ce jour-là, les heures au-delà du quota sont payées aux conditions habituelles, avec le cas échéant la majoration d’heures supplémentaires ou complémentaires. Dit autrement, pour le jour de solidarité 2022, seules les 7 premières heures sont “neutralisées”.
Travail non rémunéré : ce qu’il faut savoir
La journée est fixée par accord d’entreprise, de branche ou, en l’absence d’accord, par décision de l’employeur après information des salariés. Elle ne peut pas être imputée sur des congés payés. Exemple concret : Salomé, 28 h/semaine, doit 28/35 × 7 ≈ 5,6 h. Son employeur peut planifier 5 h 30 le matin et 30 minutes un autre jour pour compléter. Toute heure en plus de ce total sera payée normalement. Si le jour retenu est un férié et qu’il n’est pas habituellement travaillé, l’employeur peut demander de venir ou étaler ces heures sur plusieurs jours, après information claire et traçabilité.
Impacts financiers pour les employeurs

Côté employeur, l’enjeu principal réside dans la contribution dite “solidarité autonomie”, égale à 0,30 % de la masse salariale brute. Cette charge patronale est indépendante des heures effectuées et ne peut pas être imputée aux salariés. Elle finance des actions publiques en faveur de l’autonomie, en complément de l’effort en temps fourni par les équipes.
La contribution est déclarée et réglée avec les charges sociales habituelles, selon la périodicité de l’entreprise. Pour maîtriser l’impact budgétaire, mieux vaut intégrer ce coût dès la construction du compte d’exploitation annuel et planifier la date du jour de solidarité 2022 dans une période d’activité compatible avec l’organisation des effectifs.
Cotisation de 0,30 % : pourquoi et comment ?
La contribution représente une fraction modeste mais régulière du coût du travail. Exemple : pour une masse salariale annuelle de 1 000 000 €, la cotisation s’élève à 3 000 €. Pour 250 000 €, elle atteint 750 €. Comptablement, elle se traite comme une charge sociale patronale classique. Conseil pratique : affectez un code analytique dédié afin d’en assurer le suivi et de faciliter la comparaison d’une année sur l’autre.
Cas particuliers : qui est concerné ?
Tous les salariés de droit privé sont concernés, y compris en CDD, en alternance et en intérim (selon l’organisation convenue entre l’agence et l’entreprise utilisatrice). Les agents publics connaissent des modalités spécifiques, mais l’esprit reste identique. Ne sont pas concernés : les stagiaires non salariés, les travailleurs indépendants et les prestataires externes. Si vous changez d’employeur en cours d’année, le principe s’applique avec le nouvel employeur si la journée n’a pas encore été accomplie.
En cas de multi‑emploi, le salarié ne doit pas dépasser 7 heures au total. Il informe ses employeurs de la part déjà effectuée afin d’éviter le double comptage. Exemple : si vous avez déjà réalisé 3 heures chez l’employeur A, l’employeur B ne peut vous exiger que 4 heures restantes. Cette règle vaut pour le jour de solidarité 2022 comme pour toute autre année d’application.
Salariés mineurs et journée de solidarité
Les salariés de moins de 18 ans sont soumis à des limitations spécifiques, notamment pour le travail les jours fériés et de nuit selon les secteurs. Si l’entreprise fixe la journée de solidarité sur un jour férié non autorisé pour les mineurs, elle doit prévoir une autre date ou étaler des heures équivalentes sur des jours ordinaires, dans le respect des durées maximales et des repos légaux.
Comment bien préparer la journée de solidarité ?
La réussite tient à une organisation lisible. Idéalement, la date est déterminée via un accord collectif. À défaut, l’employeur arrête la modalité après consultation du CSE lorsqu’il existe, puis informe tous les salariés avec un préavis suffisant. Pensez à mettre à jour le planning, à préciser la répartition des heures pour le temps partiel et à anticiper les impacts sur les équipes en horaires atypiques.
- Choisir la date et la modalité (jour férié hors 1er Mai, jour travaillé, suppression d’une RTT).
- Informer clairement les salariés et managers, en rappelant le quota de 7 heures ou 1 jour au forfait‑jours.
- Tracer les heures réalisées, notamment pour le temps partiel et le multi‑emploi.
- Vérifier les restrictions applicables aux mineurs et aux équipes de nuit.
- Anticiper la paie : pas de rémunération des 7 heures, paiement normal au‑delà.
Conseils pour les employeurs et salariés
Employeurs : privilégiez une période d’activité modérée afin de limiter le recours aux heures supplémentaires le jour J. Diffusez une note claire expliquant la règle, les cas particuliers et un point de contact RH. Uniformisez la pratique entre services pour éviter les disparités, et gardez une preuve écrite de l’information transmise.
Salariés : vérifiez votre volume à effectuer selon votre contrat. En cas d’emplois multiples, communiquez par écrit à chaque employeur le nombre d’heures déjà réalisées. Si la date pose un problème pratique, proposez une répartition alternative des heures avec votre manager. Un suivi simple dans votre agenda professionnel évite les oublis et facilite la paie.
Bien préparé, le jour de solidarité 2022 se déroule sans tension administrative ni impact négatif sur l’activité. En clarifiant tôt les règles, en suivant précisément les heures et en tenant compte des cas particuliers, vous sécurisez à la fois l’organisation et la conformité sociale.