Le massif des Maures a vécu un traumatisme collectif avec l’incendie de 2021, un épisode qui a bouleversé les paysages et les vies locales. Au-delà des flammes, ce sont des questions de climat, d’aménagement et de pratiques humaines qui se posent. Comprendre l’incendie massif des maures, c’est aussi apprendre à restaurer, à protéger et à prévenir pour demain. Voici une analyse claire, étayée par le terrain et des retours d’expérience.
💡 À retenir
- En 2021, près de 8000 hectares ont été détruits par l’incendie.
- Le massif des Maures abrite des espèces végétales et animales menacées.
- Des programmes de reforestation ont été lancés par l’ONF.
Contexte de l’incendie massif des Maures
Au cœur du Var, le massif des Maures forme un relief de schistes, de vallons encaissés et de crêtes balayées par le vent. Son maquis dense mêle chênes-lièges, pins maritimes, arbousiers et bruyères, une végétation méditerranéenne belle mais fortement combustible dès que l’été s’installe. L’été 2021 a scellé un tournant, avec des conditions sèches et chaudes qui ont rendu les forêts vulnérables.
L’incendie massif des maures a ravagé un continuum d’habitats et perturbé de nombreuses communes. Des habitants évacués ont décrit des fronts de flammes rapides et des fumées épaisses. « Nous avons vu la colline s’embraser en quelques minutes, il a fallu partir sans se retourner », témoigne Nadia, résidente de La Garde-Freinet. Le choc psychologique s’est ajouté aux pertes matérielles et à la déstabilisation économique locale.
Historique des incendies dans le massif
Les Maures ont une histoire longue avec le feu. Des épisodes majeurs ont marqué les années de sécheresse, notamment lors de vagues de chaleur. Les secteurs de Bormes-les-Mimosas, La Londe, Gonfaron ou Collobrières ont connu des sinistres répétés qui ont façonné la mosaïque paysagère actuelle.
En 2021, près de 8000 hectares ont brûlé. Ce volume de surfaces touchées rappelle que le risque n’est pas ponctuel mais structurel. Les retours d’expérience des services d’incendie, des communes et des forestiers nourrissent aujourd’hui une nouvelle culture du risque et de la prévention dans l’ensemble du massif.
Causes de l’incendie
Un incendie de grande ampleur naît rarement d’une seule cause. Il résulte d’un alignement de facteurs: sécheresse durable, chaleur intense, vent, accumulation de végétation sèche et, souvent, une ignition d’origine humaine. L’incendie massif des maures de 2021 s’est développé dans un contexte de canicule, avec un combustible fin très sec et un vent soutenu.
La végétation méditerranéenne produit beaucoup de litière inflammable. Lorsque les feuilles, aiguilles et branchages s’assèchent, les combustibles fins s’embrasent très rapidement. Les bourrasques de mistral accélèrent ensuite la progression et génèrent des sautes de feu. Dans certaines situations, des colonnes de chaleur favorisent une pyroconvection qui projette des brandons au-delà des lignes de défense.
Facteurs climatiques et humains
Les témoignages locaux et les rapports d’intervention convergent vers une combinaison de facteurs. Les plus déterminants reviennent souvent, avec une intensité renforcée par l’évolution climatique.
- Conditions climatiques extrêmes: stress hydrique prolongé, canicules répétées, vent fort soutenant le front de feu.
- Origines humaines: travaux non maîtrisés, mégots, feux non autorisés ou mal éteints, fréquentation élevée en période de risque.
- Continuité du combustible: interfaces habitat-forêt non débroussaillées, haies contiguës, stockages de bois à proximité des maisons.
- Relief et enclavement: vallons encaissés, accès difficiles, ralentissant l’arrivée des secours.
« Quand le vent s’est levé, tout est allé très vite. Même avec des moyens importants, on se bat d’abord pour protéger les personnes et les maisons », explique Jean, pompier volontaire dans le Var. Cette réalité opérationnelle rappelle que la meilleure arme contre un incendie massif des maures reste la prévention en amont.
Conséquences sur l’environnement

Les impacts écologiques sont multiples et s’inscrivent dans la durée. Les sols, fragilisés par la chaleur, perdent leur structure et deviennent plus sensibles au ruissellement et à l’érosion. Les pluies d’automne peuvent entraîner des coulées boueuses et colmater les ruisseaux. L’incendie massif des maures a également libéré d’importantes quantités de CO₂ et de particules fines, avec des effets temporaires sur la qualité de l’air.
Du côté économique, la fermeture de pistes et de sentiers a pesé sur le tourisme de pleine nature. Les apiculteurs ont observé un déficit de floraisons, les vignerons ont dû gérer des dépôts de cendres et parfois des arômes de fumée sur les raisins. « Nos ruches ont tenu, mais la ressource florale a chuté. La reprise s’annonce lente », confie Marie, apicultrice près de La Garde-Freinet. Les collectivités ont aussi mobilisé des budgets conséquents pour la sécurisation des routes, la réhabilitation des équipements et la remise en état des captages.
Impact sur la faune et la flore
Le massif des Maures abrite la tortue d’Hermann, espèce protégée et menacée, ainsi que des habitats de chêne-liège, de pin maritime et de maquis dense. Les incendies provoquent des pertes directes, mais aussi des perturbations des cycles de reproduction, de la disponibilité alimentaire et des déplacements de la faune. Les oiseaux cavernicoles et certains pollinisateurs sont touchés par la raréfaction des abris et des fleurs.
Des signes d’espoir existent. Dans certaines zones, on observe dès les premières pluies le retour des plantes pionnières, de l’arbousier et de la bruyère arborescente. Les chênes-lièges, s’ils n’ont pas été trop intensément brûlés, repartent à partir des rejets. Une étude de cas menée avec des propriétaires forestiers entre Collobrières et Gonfaron montre un regain de verdure notable après 18 à 24 mois, à condition de limiter le piétinement et de protéger les jeunes rejets.
Pour les espèces les plus sensibles, des corridors écologiques temporaires sont parfois aménagés afin de relier des îlots non brûlés. Ce maillage aide la faune à recoloniser et limite l’isolement génétique. Ces efforts répondent à l’enjeu spécifique né de l’incendie massif des maures: accélérer la reconstitution d’habitats fonctionnels dans un climat plus chaud et plus sec.
Actions de restauration
La restauration s’engage dès l’extinction des derniers foyers. Les équipes forestières cartographient les dégâts, évaluent la stabilité des sols et priorisent les secteurs à traiter. L’objectif n’est pas de tout replanter partout, mais d’accompagner le milieu et de sécuriser les zones sensibles: routes, canaux, zones d’habitat, captages et pentes à risque.
Les actions combinent génie écologique et travaux forestiers ciblés. Des fascines de branches limitent l’érosion, des semences locales stabilisent les talus, des protections individuelles évitent le broutage des jeunes plants. L’ONF pilote de nombreux chantiers, en partenariat avec les communes, les associations naturalistes et les propriétaires. Des bénévoles locaux participent à des journées de ramassage de déchets post-incendie et à la mise en place de barrières pour canaliser la fréquentation.
Initiatives de reforestation
Plusieurs programmes de reboisement et de régénération sont en cours, avec une priorité donnée aux essences autochtones et adaptées au climat futur. Le chêne-liège, le pin pignon, l’arbousier et le pistachier lentisque figurent parmi les espèces replantées, en mélange, pour diversifier les étages et réduire la vulnérabilité au feu. La stratégie favorise aussi le recrû naturel lorsque les souches repartent vigoureusement.
Des expérimentations visent à créer des discontinuités de combustible à l’échelle du paysage: clairières fonctionnelles, lisières entretenues, alignements d’espèces moins inflammables, et entretien sélectif du sous-bois. Le réseau DFCI se renforce avec des pistes remisées en état, des points d’eau, et des zones d’appui pour les moyens terrestres. Un propriétaire forestier de Plan-de-la-Tour détaille son retour d’expérience: « Nous avons alterné zones reboisées et zones laissées en régénération naturelle. Deux ans après, la structure est plus variée, et l’accès des pompiers est beaucoup plus simple. »
Ces chantiers font écho aux objectifs fixés après l’incendie massif des maures: restaurer la fonction écologique, relancer l’activité sylvicole locale et sécuriser les interfaces avec l’habitat. Le suivi pluriannuel prévoit des ajustements, car la dynamique post-feu n’est jamais linéaire.
Prévention des incendies futurs
La prévention repose sur un triptyque: aménagement, comportements responsables et surveillance. Les communes travaillent sur l’urbanisme en zone à risque, avec des recommandations d’implantation de bâtiments, de matériaux résistants au feu et de gestion des jardins. L’incendie massif des maures a rappelé que la protection des maisons commence bien avant l’alerte, par l’entretien régulier des abords.
Les obligations réglementaires et les bons gestes font la différence. L’Obligation Légale de Débroussaillement concerne les propriétaires proches des zones boisées et impose un traitement de la végétation autour des constructions. La vigilance se renforce lors des journées à risque élevé, lorsque l’indice météorologique de danger annonce une progression rapide possible. Les patrouilles forestières et les vigies multiplient les tours pendant ces périodes sensibles.