Avoir un bébé en Norvège

Avoir un bébé en Norvège

On a accueilli il y a quelques temps un petit troll à la maison. Tout le monde va bien, et maintenant qu’un chapitre se termine et qu’on en commence un autre, j’ai envie de raconter comment se passe une grossesse en Norvège. C’est mon côté téléspectatrice d’Union Libre, vous voyez. C’est un peu long, j’aurais pu faire plusieurs articles mais ce n’est pas mon genre de faire “Grossesse, jour 1 : adieu Bleu des Causses”. Tout est regroupé ici et pour la peine j’ai mis des trucs en gras et des titres pour que vous vous repériez. Dans un brouillon je plaisantais en disant que j’étais à la limite de faire Grand A, petit 1, mais la réalité est qu’un index sera bien pratique :

Préambule

Précisons le contexte : c’est mon premier enfant, je n’ai donc aucune idée de comment se passent réellement les choses en France si ce n’est ce que j’ai entendu via les copines. Chaque femme et chaque grossesse étant différente, disons que cette grossesse s’est déroulée sans problème de santé particulier.

J’essaie de rester factuelle, mais il faut aussi se rappeler que les choses sont vues avec mes yeux d’émigrée. Lorsqu’on vit à l’étranger, on est sans cesse confronté à ces petites choses légèrement différentes de chez nous (la couleur des œufs, le lait qui n’est pas UHT, la façon de prendre les ronds points…). J’essaie en général de m’adapter mais, s’agissant de santé, je tente également de faire la part des choses et de comprendre quelle est la meilleure approche.

Le suivi médical

La Norvège est, d’après les classements internationaux, le meilleur pays pour être mère. Alors quand j’ai appris que j’avais une brioche au four, je me suis dit Fingers in the nose, je suis au bon endroit. Je suis globalement contente de la façon dont s’est déroulée la grossesse, même si parfois, le seul mot pour décrire ce qu’il se passait était : WALOU !

Eh oui : Walou le suivi médical !

Les tests

Ici tout est moins médicalisé : si vous allez chez le médecin pour un rhume, il vous renverra gentiment à la maison en attendant que ça passe. La grossesse elle-aussi est donc moins médicalisée. En France, on fait une première prise de sang pour faire quelques analyses ; en Norvège aussi, sauf qu’on ne teste pas la toxoplasmose et qu’on dépiste automatiquement le VIH. Réaction d’une copine médecin française : “ah bon, on teste le VIH comme ça sans te demander ton avis ?” euh… oui. Réaction de n’importe quelle personne du corps médical français que j’ai croisé : “ah bon, on teste pas la toxoplasmose ?” Ben non – enfin si, c’est possible, mais ce n’est apparemment pas automatique. J’ai donc fait exactement la même chose que pour le CMV dont on ne parle pas en France (en Norvège non plus, d’ailleurs) : j’ai fait attention en supposant que je courais un risque.

Autant j’ai laissé courir le test de la toxoplasmose, autant j’ai profité de nos vacances en France pour faire un dépistage du diabète gestationnel (je ne suis plus résidente française alors non le test ne m’était pas remboursé). En Norvège, on m’a dit que ce n’était pas nécessaire car je n’étais pas dans la catégorie à risque. En discutant avec des amies, j’ai appris que certains gynécologues conseillent à toutes les primipares de faire le test. Tester si l’on a du diabète est une bonne chose que l’on soit enceinte ou non, alors allons-y pour l’approche française.

Autre test qui n’est pas effectué en Norvège : l’examen gynécologique (en d’autres termes : le toucher vaginal). En France, il semble être très pratiqué alors qu’il ne devrait pas être systématique d’après les recommandations de l’OMS. J’ai très apprécié de faire à la norvégienne.

À chaque consultation (sauf échographie), on analyse donc l’urine, on prend la tension, on mesure la hauteur utérine et on écoute le cœur du fœtus. J’attendais toujours cette dernière étape avec impatience car parfois ce n’était pas un Doppler qui était sorti, mais un… stéthoscope en bois <3 Illustration avec une image pleine de watermark :

 

Enfin, il y a trois grandes échographies en France : à 12, 22 et 32 semaines d’aménorrhée, sans compter les petites en passant si j’ai bien compris ce que me racontent les copines. En Norvège, il n’y en a qu’une seule (officiellement conseillée par les autorités et gratuite) à 17-18 SA. Si l’on veut évaluer le risque de trisomie, détectable à environ 12 semaines, il faut donc aller chez un gynécologue privé. Nous y sommes allés, et nous y sommes même retournés à 32 SA – mais cette fois le gynécologue se demandait sérieusement ce qu’on foutait là.

Les rendez-vous

Maintenant que vous savez comment ça se passe médicalement, voici la planification des consultations.

En théorie, les femmes enceintes ont 8 rendez-vous de suivi. En pratique il y a une longue période entre 10 et 24 SA où personne ne teste votre urine alors il est officieusement conseillé de faire une ou deux consultations en plus pour cela – ou comment pleurer en lisant des blogs de nanas enceintes en Norvège qui font du yoga et ont des rendez-vous médicaux réguliers alors que je devais quémander pour qu’on teste mon pipi. Ces rdv peuvent être pris indifféremment chez le médecin traitant ou chez une sage-femme, par exemple à la Helsestasjon (centre de soins familial local), ou encore chez un gynécologue. J’ai profité de notre déménagement pour tenter d’entrer au Guinness book des records en rencontrant 7 personnes différentes pour mon suivi :

  • mon médecin traitant à Bergen
  • le gynécologue de la 1ère échographie (bonus)
  • une sage-femme pour la 2nde échographie
  • la sage-femme à Bergen
  • la sage-femme à Trondheim
  • un autre gynécologue à Trondheim pour la 3ème échographie (bonus)
  • mon nouveau médecin traitant à Trondheim

Il vaut mieux prendre rendez-vous chez la sage-femme dès la découverte du polichinelle dans le tiroir – mais après avoir examiné et pleuré la liste des fromages que l’on ne peut manger.
Première raison : certaines villes n’ont pas assez de sages-femmes dans leurs centres de soins – ainsi quand on a trouvé notre appart à Trondheim, j’ai contacté mon nouveau centre de soins qui m’a grosso merdo répondu “Coucou, on ne peut pas te donner de rendez-vous avec une sage-femme parce qu’il y a déjà une très trèèès longue liste d’attente, mais je t’ajoute à celle-ci. Allez, bisous“. Depuis plus de 10 ans, il n’y a pas assez de sages-femmes à Trondheim et la commune s’en fout. Heureusement ma sage-femme de Bergen a décroché son téléphone et m’a dégoté deux consultations de suivi – sinon j’aurais de suite du aller chez mon nouveau médecin traitant, mais…
Deuxième raison de contacter le centre de soins et non le médecin traitant : une consultation avec une sage-femme dure 30 à 45 minutes, alors que ça durait 5 minutes chez mon premier médecin. Bizarrement, on ne reçoit pas la même quantité d’informations.

Par exemple à ma première consultation, celle pour dire “coucou je suis enceinte, qu’est-ce qu’on fait maintenant ?”, je pensais faire une prise de sang (en France ce n’est pas obligatoire mais toutes mes informatrices en ont fait une à ce moment là) et avoir des informations. Finalement, le rendez-vous a duré environ 3 minutes :

- Coucou, je suis enceinte.
- Ok. Vous êtes contente* ?
- Euh… oui.
- D’accord. Bon on va calculer à quel stade de la grossesse vous êtes environ (…). Voilà, on se revoit à la semaine 10 pour faire une prise de sang.

Bisous, salut.
* le “Vous êtes contente ?” était très certainement la façon polie de demander si je voulais avorter.

Je n’ai eu aucune information, aucun prospectus, alors qu’il y a des choses spéciales à savoir en Norvège : par exemple, il ne faut pas manger de baleine. Ce n’est que quelques semaines plus tard en venant faire un vaccin contre la grippe (je l’avais lu dans les journaux)(c’était pas gratuit pour les femmes enceintes, alors que ça l’est en France)(sinon le suivi médical classique est gratuit pendant la grossesse) que j’ai aperçu des prospectus dans le labo et que j’ai demandé à en avoir.

Accouchement

La préparation à l’accouchement

En France, la sécurité sociale rembourse 8 cours de préparation à l’accouchement au cours desquels il y a parfois (?) une visite de la maternité. Du point de vue médical, la femme enceinte rencontre en amont l’anesthésiste si elle souhaite une péridurale.

Quand amis et famille posaient des questions du genre Vous avez visité la maternité ? Vous allez faire les cours de préparation ? T’as déjà eu rdv avec l’anesthésiste ? Vous restez combien de temps à la maternité ? , tout ce que je pouvais répondre était (je numérote la figure, elle va beaucoup me servir) :

Figure 2

Les cours de préparation à l’accouchement sont gérés par la commune et ses fameux centres de soin. À Bergen, il était possible de suivre un cours qui durait 3 à 5h il me semble. À Trondheim… Zob! Il n’y avait aucun cours : on vous renvoie vers une page qui contient 15 thèmes, dont 9 seulement dirigent vers une page d’information (edit: il y a eu une màj!), les 4 premiers se payant le luxe de proposer une vidéo de mauvaise qualité montrant le monologue d’une sage-femme lors d’une consultation. Le rêve.

Ne soyons pas totalement négatifs : la commune de Trondheim propose des cours gratuits de natation pour les femmes enceintes. Sauf de la mi-juin à la mi-août, parce que c’est les vacances. D’autre part, les futurs parents peuvent s’inscrire à des cours de préparation auprès de cabinets privés de sage-femmes. Sauf de la mi-juin à la mi-août, parce que c’est les vacances. On a déménagé fin-mai et j’ai accouché en août, j’ai donc abordé l’accouchement à la façon de la Figure 2.

En ce qui concerne la visite de la maternité, ça n’existe plus non plus (à Trondheim – je ne sais pas pour les autres villes).

On ne rencontre pas l’anesthésiste car, d’après la sage-femme, “peut-être que ça ne servira à rien, s’il est trop tard pour faire une péridurale“. Ah. La question suivante est : mais alors, quand est-ce qu’on rencontre l’anesthésiste ? cf Figure 2 : quand je suis arrivée à l’hôpital, on avait le temps. J’ai dit que je voulais une péridurale. Je n’ai pas rencontré l’anesthésiste. Trois heures plus tard il était trop tard, lolilol.

Walou la péridurale!

Enfin, il était difficile de savoir combien de temps on reste à la maternité (si tout va bien). Je n’ai jamais trouvé l’information en ce qui concerne Bergen, j’ai seulement lu que si tout allait bien on pouvait rentrer chez nous 8 à 12 heures après l’accouchement, et que la maternité fermait des salons d’accueil pour nouveaux parents (quelle terrible traduction) le week-end. Du côté de Trondheim, l’hôpital annonçait 2 jours ou 60 heures – nous sommes finalement restés 3 nuits.

L’accouchement

Parce qu’en France j’aurais eu peur des épisiotomies un peu trop automatiques, du point du mari ou autre mauvais traitement médical (cf le paragraphe Grossesse : qui est-ce qui accouche, au fait ?”) et j’aurais été frustrée de ne pas pouvoir choisir ma position d’accouchement (il parait aussi que parfois ça se passe bien), je ne suis pas mécontente d’avoir accouché en Norvège.

Ici les méthodes pour traiter la douleur sont comme les arrêts de bus : on peut avoir à peu près ce que l’on veut, pour peu que l’on demande. Mieux vaut donc bosser le dossier et connaître le nom des arrêts. La péridurale est bien sur proposée, mais aussi (parfois) les gaz hilarants. D’autres méthodes douces sont disponibles : l’accouchement dans une baignoire, l’acupuncture, la “respiration” (je me demande si c’est pas le genre de trucs qu’on est censés aborder en préparation à l’accouchement, alors je trouve ça drôle de lister cette méthode), massages ou encore sacs de riz chaud.

Si l’on ne visite pas la maternité avant l’accouchement, on peut envoyer nos souhaits à l’avance à l’hôpital, pour que tout soit prêt quand on arrive. On est relativement libre de faire ce que l’on souhaite lors du travail : marcher, prendre un bain, regarder la télé, utiliser un gros ballon etc. Il est d’ailleurs vivement conseillé de rester active. Idem pour l’accouchement : pas besoin de mettre les pieds dans les étriers, on peut être accroupie, sur le côté, etc. Sauf si on est dans une baignoire (bordée de petites bougies pour être romantique), là c’est plus compliqué parce que la sage-femme doit tout de même pouvoir saisir le bébé : on est sur le dos ou accroupie.

À vrai dire j’ai préparé les étapes de l’accouchement en lisant des sites norvégiens (ainsi que Naitre & Grandir <3). Ce n’est qu’en écrivant cet article que je me suis demandée “attends mais pourquoi on m’a parlé de Perf’ et de Monitoring pour un accouchement ?” – je suis donc allée lire comment ça se passe en France et tout ça me parait drôlement compliqué. Ici si tout va bien il n’y a ni perfusion, ni monitoring, ni médecin, et on choisit sa position d’accouchement. Le tout orchestré par une sage-femme.

Quelle est la procédure s’il y a un problème ? cf Figure 2.

Le séjour à la maternité

J’ai apprécié le déroulement des choses jusque là, et j’ai adoré le passage à la maternité. Après la naissance, une sage-femme/infirmière/aide-soignante/whatever nous a apporté le petit déjeuner (donc du pain avec du fromage, du salami et du poivron – il faudrait pas croire que tout est parfait) avec un beau drapeau norvégien sur le plateau, signe des grands jours. Quelques heures plus tard on pouvait nous transférer à l’hôtel de l’hôpital : pour cela nous sommes descendus au sous-sol, propre et lumineux, et on s’est installés dans une golfette qui nous a conduit dans le dédale souterrain jusqu’à ce fameux hôtel de l’hôpital où l’on est restés tous les trois pendant 3 nuits.

Eh oui : à Trondheim le père, en congé, peut dormir à la maternité! Il y a une chambre tout confort par famille : grand lit double, bureau, télé, salle de bain adaptée pour le bébé et la jeune maman, berceau. Des infirmières passent 3 fois par jour mais on peut les appeler à tout moment si l’on a des questions. Les repas se prennent à la cantine au rdc, où peut également manger le reste de la famille en visite. Il y a généralement un plat chaud et un buffet parfait pour qui peut à nouveau manger du saumon fumé. Le séjour est entièrement gratuit pour la mère et le bébé – le père doit payer pour la nuit et ses repas, ce qui revient environ à 60€/jour.

Petit truc spécial apparemment : les vêtements (body, tunique et petit short) sont fournis par l’hôpital. Ils sont très simples, blancs, mais étant donné les ratés de couches qu’il y a, c’est bien pratique de pouvoir changer aussi facilement.

Bien sur, celles qui ont eu une césarienne ou qui doivent être suivies de plus près ne sont pas transférées ici, et les conditions sont un peu différentes (par exemple je ne suis pas sure que le père puisse rester). Toujours est-il que ce début de vie en famille est vraiment tout ce dont on peut rêver.

Petites discussions

Le personnel médical

Je ne sais pas vraiment où classer cette partie ; j’ai souvent lu des témoignages de femmes qui, en France, ont souffert des remarques et/ou du comportement du personnel médical – que ce soit des reproches quant à leur poids pendant la grossesse, une épisiotomie non désirée et sans nécessité, qu’on les prenne de haut à la maternité, etc.

Savoir cela ne m’enthousiasmait pas vraiment, surtout que lorsqu’on est étranger on a petit plus : on peut facilement nous croire bête parce qu’on demande à une personne de répéter ce qu’elle a dit, comme si on n’avait pas compris le contenu, alors que c’est simplement le dialecte qui pose problème ou un petit problème d’attention.

Eh bien voilà : je n’ai jamais eu une remarque ou un regard malveillant. Alors je me suis demandée : est-ce parce que le staff médical a de meilleures conditions de travail ? (peut-être) – est-ce parce qu’ils sont mieux sensibilisés à bien traiter les patients ? j’espère qu’une formation n’est pas nécessaire pour cela. J’ai fini par conclure que c’est le résultat de la société, beaucoup moins agressive en Norvège qu’en France.

Le bon dos du naturel

Il semble rapide et facile d’attribuer toutes les spécificités médicales à une moindre médicalisation et au désir de naturel – notamment en ce qui concerne le nombre d’échographies.

Le coût est souvent invoqué dans les articles norvégiens parlant d’une éventuelle échographie à 12 semaines offerte à toutes. Je suppose que ne pas imposer monitoring et perfusion aux parturientes permet également de faire des économies, et le faible pourcentage de péridurales rend les choses plus simples : une femme accouchant sous péridurale est directement traitée comme accouchement à risque et nécessite donc plus de moyens matériels et humains.

Cela dit, il y a une troisième explication et je suis bien incapable de savoir dans quelle mesure elle influence les choses : la religion. Si l’échographie à 12 semaines, où l’on peut estimer la probabilité de trisomie, n’est pas proposée, c’est aussi parce qu’on redoute une hausse des avortements.
Ce n’est pas l’image que vous vous faisiez de la Norvège ? Eh bien sachez que la séparation de l’État et de l’Église n’a eu lieu qu’en 2013. Le principal parti chrétien (KrF) soutient la coalition qui est au gouvernement élu en 2013 : ça veut dire qu’ils peuvent faire pression pour certaines lois qui leurs tiennent à cœur, dont le droit de réserve des médecins. En 2013, les médecins ont été autorisés à refuser de pratiquer un avortement – suite aux controverses, la loi a été modifiée en 2014 : une femme n’a plus besoin de l’aval de son médecin traitant. Aujourd’hui, le parti chrétien (KrF) s’oppose à l’introduction d’un test sanguin non-intrusif (NIPT) qui permettrait de diagnostiquer sans risque les cas de trisomie (alors que le test actuel, proposé aux groupes à risque dont les femmes de plus 38 ans, nécessite un prélèvement dans le liquide amniotique et représente un risque de fausse-couche). Raison invoquée : plus de femmes enceintes effectueraient ce test, ce qui pourrait mener à plus d’IVG.

Quelques statistiques

C’est bien beau de parler de mon expérience personnelle, mais je ne voudrais pas faire une généralité. Voici donc quelques statistiques qui permettent d’avoir une image plus globale :

En Norvège, la moitié des parturientes souhaitent bénéficier de méthodes de prise en charge de la douleur lors de l’accouchement. Elles ne s’orientent pas forcément vers la péridurale : seules 28% des femmes en ont une (source)(donc 56% des femmes accouchant par voix basse ?). En France, 77% des femmes accouchant par voix basse bénéficient d’une péridurale (source) soit 61% des femmes (0.77*(1-0.21), cf plus bas). Soit dit en passant, je découvre à l’occasion les complications dues à la péridurale  -je vous laisse googler- et je réalise à quel point j’avais jusque là un point de vue très français sur la question.

La suite des statistiques proviennent de ce document – données 2010 :
En Norvège, 17.1% des accouchements sont des césariennes. Le taux en France est de 21%.

Enfin l’épisiotomie est pratiquée dans 26.9% des accouchement en France, contre 18.8% en Norvège. Les résultats norvégiens sont surprenants si l’on compare aux autres pays scandinaves : 6.6% en Suède, 7.2% en Islande, 4.9% au Danemark.

 

Travail et congés parentaux

Les congés parentaux

Résumons vite fait bien fait ce que je pense des congés parentaux en Norvège (et encore, ce n’est pas suffisant pour exprimer mes sentiments!) :

Les congés parentaux en France sont résumés ici. En Norvège, les parents ont droit à 49 semaines à 100% du salaire, ou 59 semaines à 80% s’ils ont cotisé au moins 6 mois sur les 10 précédant avant la naissance (sinon, c’est un peu plus compliqué). Il y a des minima à respecter :

    • 3 à 12 semaines peuvent être prises avant l’accouchement. Si la mère accouche plus tôt que prévu, ou si elle ne prend qu’une seule semaine, 3 semaines seront décomptées quoi qu’il arrive
    • 10 semaines sont réservées (ou perdues) à la mère après l’accouchement
    • 10 semaines sont réservées (ou perdues) au père

Le reste peut être réparti comme les parents le souhaitent : 9 mois pour un parent/3 mois pour l’autre, 6 mois chacun, ou on peut encore faire une période de transition : 1 ou 2 mois où chacun des deux parents est à mi-temps. On peut également repousser une partie du congé et prendre des vacances plus longues l’année suivante.

Par ailleurs, à la naissance le père a le droit de prendre 2 semaines de congé du jour au lendemain et tant pis s’il avait une réunion. Ces deux semaines, qui ne sont pas considérées comme des vacances, sont en théorie non-payées mais certaines entreprises payent à 50 ou 100%.

Les femmes au travail

Quand on a appris qu’il y avait une brioche au four j’étais encore au chômage (épisode 1, épisode 2) – autant dire que si on avait eu le choix ce n’est pas moi, dans le couple, qui aurais porté le bébé. Mais on n’a pas bien le choix alors allons-y pour la recherche d’emploi en étant enceinte!

La Norvège a beau être en tête dans les classements internationaux, il y a également des cas de discrimination pour les femmes et les jeunes parents. De mon côté, j’estime que j’ai eu la question “vous avez des enfants ?” lors de 75% des entretiens. Bien sur ça peut être du “small-talk” (salut, il fait beau, t’as des enfants?), mais je pense que c’est rarement le cas – et pour une personne étrangère cette question peut amener à deux conclusions qui me desservent : elle risque d’en avoir bientôt / elle n’a pas d’attache familiale ici et risque de repartir dans son pays.

Évidemment, demander si on prévoit d’être enceinte ou d’avoir des enfants est illégal. En revanche, demander si on a des enfants est légal, puisqu’on peut poser la question à tout le monde. À ce propos, un recruteur a raconté qu’il ne demande pas “avez-vous un casier judiciaire ?” (interdit) mais “pouvez-vous voyager aux États-Unis sans problème ?”.

À la question “faut-il dire qu’on est enceinte en entretien ?”, évidemment la majorité de ceux qui n’ont pas d’utérus en activité vous diront que Oui, bien sur, il faut être clair avec son potentiel futur employeur. Sauf que rien ne vous y oblige. J’ai donc été nuancée : j’ai eu des entretiens pour 3 jobs différents quand j’étais enceinte, je ne l’ai dit qu’une seule fois – j’ai eu le poste.
Il y a beaucoup de très bonnes raisons de ne pas préciser en entretien qu’on est enceinte (la première étant que c’est normal – mais ce billet n’a pas pour but de les lister) – et j’avais de très bonnes raisons de déclarer, pour un entretien précis, que j’attendais un enfant : le poste nécessitait un déménagement de Bergen vers Trondheim alors si l’entreprise discrimine, autant qu’elle le fasse avant qu’on chamboule tout. Il est bien sur illégal de renvoyer une femme pour cause de grossesse, mais je connais au moins deux cas de figure (en Norvège) où cela peut arriver de façon tout à fait légale :

  1. Si on trouve un remplaçant pendant le congé maternité et qu’au retour du congé, celui-ci a plus d’expérience dans la boite que la jeune-mère, alors la jeune-mère n’est pas assurée de récupérer son poste. Exemple : si on commence à travailler dans une entreprise à 6 mois de grossesse.
  2. Si le motif de licenciement est autre que la grossesse. Exemple : s’il y a une crise dans l’industrie pétrolière et que l’entreprise fait un plan de licenciement. Dans ce cas, les derniers embauchés sont souvent les premiers à être licenciés.

Dernier aparté à ce sujet : beaucoup de sites de conseil en recherche d’emploi (surtout américains) traitent le sujet et comment l’annoncer en entretien. J’ai suivi l’approche que proposait l’un de ces sites : j’ai fait l’entretien et, lorsqu’est venu le moment de poser mes questions, j’ai annoncé la nouvelle en expliquant comment je planifiais les choses (ie que j’étais pour l’égalité des sexes et que je prendrais donc la moitié du congé parental jusque telle date).

Après avoir travaillé en France, où l’on vous demande “tiens quelle heure il est ?” parce que vous arrivez 3 minutes en retard, ou “ah il fait beau aujourd’hui ?” parce que vous êtes en jupe, je m’attendais à entendre de la part de mes nouveaux collègues ce genre de fausse question-vrai reproche du genre “T’es enceinte ? mais quand est-ce que tu as commencé déjà ?”. Eh bien non : je n’ai eu AUCUNE remarque. Même pas une petite blague excluante sur mes hormones ou mon tour de taille – il faut dire qu’en Norvège il est généralement mal vu de faire des blagues au détriment de quelqu’un dans un groupe. Pendant quelques semaines je me suis même demandée si les gens avaient tilté que j’avais du ventre. Bref, le pied.

Pour la suite – comment se passe le retour au travail, les jours enfant-malade etc, je vous envoie vers un de mes articles sur les conditions de travail en Norvège.

Les spécificités norvégiennes

Parler norvégien

Je l’expliquais au début : on essaie de s’adapter au pays et cela passe par la langue que l’on pratique tous les jours avec joie et fierté. On a donc assuré tout le suivi de la grossesse en norvégien. On pourrait penser que c’est facile : préparer le champ lexical de la grossesse, de l’accouchement, s’accoutumer au dialecte de Trondheim… mais voilà-t-y pas que tu tombes sur une médecin suédoise. Ah. Plus compliqué encore : accoucher dans une baignoire avec des oreilles dans l’eau. La sage-femme a beau utiliser 3 mots, say pas facile.

Le 1er septembre

La grande majorité des enfants vont au jardin d’enfants (Barnehage) à partir d’un an environ. Il y a très peu de nounous (ou de nounous libres ?) alors comme en France, la place en crèche est un Graal. Heureusement, la loi stipule que les enfants nés avant le 1er septembre ont droit à une place en crèche l’année suivante – ouf!.. Enfin, sauf pour les parents de ceux nés en septembre ou dans les mois qui suivent : eux recherchent désespérément une place pour leur chérubin.

À cause de cette loi, le pic de naissances s’est lentement déplacé vers juin-juillet-août, ce qui pose certains problèmes : la maternité a du mal à faire face à ce surplus, d’autant plus que ces mois correspondent aux vacances du personnel hospitalier. Pour enrayer le phénomène, le gouvernement a repoussé la date limite au 1er novembre.

L’Etat civil : a girl has no name

On le savait et j’en avais déjà parlé ici : les norvégiens ont jusque 6 mois pour choisir le prénom et le nom de leur enfant. Au delà, c’est l’État qui choisit. On a tout de même été surpris de la façon dont se font les choses : durant nos 3 jours à la maternité, une douzaine de personnes du personnel soignant est passée dans notre chambre mais une seule a demandé si le bébé avait un prénom. C’est plus de 2 semaines après la naissance qu’on a reçu un message de l’État civil nous indiquant qu’on pouvait enfin donner le nom et prénom de l’enfant.

L’allaitement

Je reprends les statistiques, cette fois concernant l’allaitement. On entend souvent que les bébés sont plus longtemps allaités dans les pays scandinaves qu’en France. Pour la Norvège, je suis allée chercher les chiffres à la source : l’office norvégiens des statistiques, d’où provient l’image ci-dessous :


En bleu foncé : taux d’allaitement exclusif lors des 6 premiers mois,
en bleu clair : taux d’allaitement mixte (allaitement exclusif inclus)

Si l’on compare les données aux chiffres francais, on remarque effectivement que les norvégiennes allaitent plus. À quoi cela est-il dû ? – j’ai la flemme d’aller chercher des articles qui discutent du sujet alors voici quelques explications d’après moi.

Tout d’abord, parce que c’est ainsi que fait la majorité – bizarre à lire, mais le fait est qu’en Norvège beaucoup de choses paraissent presque institutionnelles tant tout le monde fait pareil : tout le monde mange pizza ou tacos le vendredi, tout le monde achète les leggings avec un X et tout le monde tond son jardin torsepoils quand il fait beau. Pouvoir faire la même chose semble normal et donne un sentiment d’appartenance au groupe – y compris pour nous, les étrangers. Je n’aurais pas eu de problème à passer directement au biberon, mais voilà : tout le monde allaite alors ça me parait normal d’allaiter.

Autre raison : on est tranquilles! En arrivant en Norvège j’avais été étonnée de voir, dans des centres commerciaux, des femmes donner le sein. Trois ans et demi plus tard, je n’ai aucun problème à le faire (oui bonjour retrouvez-moi au rayon chaussures enfants de votre supermarché) parce que personne ne me regarde de travers et personne ne me fait de remarque. Par ailleurs, de nombreux centres commerciaux proposent un espace pour changer et/ou allaiter bébé.

Enfin, les longs congés parentaux donnent plus de temps : on n’est pas obligés de penser à assurer la transition dès le 2ème mois parce qu’on reprend bientôt le travail.

À propos, dans un des billets de blogs référencé à la fin de l’article, on peut lire qu’il y a très peu de choix de marques de lait en poudre. C’est pas faux mais il faut remettre les choses dans leur contexte : en dehors des saucisses et des chips, il y a rarement plus de 2 ou 3 marques pour un même produit. À l’occasion d’un retour en France, j’ai pris en photo le rayon Gels douche du supermarché qui s’étalait sur des dizaines de mètres et j’ai versé ma petite larme : en Norvège, on ne trouvera jamais le gel douche parfumé à la tarte aux fraises. Alors deux marques de lait en poudre, c’est déjà bien.

Les babybox et la guerre des couches

Avez-vous déjà entendu parler de ce pays nordique qui offre aux jeunes parents un carton plein de vêtements et d’équipement pour bébé ? Eh bien c’est en Finlande!

Il n’y a rien de tel en Norvège, mais différentes marques se sont associées pour proposer des babybox qui contiennent au choix : des couches, des biberons, des peluches, des crèmes… Il suffit de donner votre email et votre numéro de téléphone au diable pour recevoir les 3 babybox gratuites.

La raison à ces babybox gratuites : les marques et surtout les supermarchés s’arrachent les jeunes parents et tentent de les fidéliser en leur faisant du pied avec les produits pour bébé, à tel point qu’à un moment il y avait de la contrebande de couches de la Norvège vers la Suède. J’ai comparé le prix des couches taille 4-9 kg de marque distributeur : chez Carrefour en France le paquet de 56 couches est à 7.53€ soit 0.134 € la couche, tandis que chez Coop en Norvège 66 couches coûtent 32 kr soit 0.48 kr = 0.05 € la couche. Sachant que la Norvège est un des pays le plus cher au monde, il est surprenant de trouver des produits qui coûtent deux fois moins cher qu’en France.

Comme je fais bien le boulot pour cet article, voici des photos à mi-chemin entre un haul et un blog voyage :

Les produits d’hygiène

Parmi les produits distribués dans les babybox se trouvent des produits d’hygiène portant une bardée de sigles : les associations contre l’asthme et les allergies du Danemark, de Norvège, l’écolabel du cygne, etc, qui attestent de la qualité des produits et notamment de l’absence de parabens et autres produits toxiques. C’est ainsi qu’après 3 ans en Norvège, on a découvert la marque Neutral (Simple en UK), qui propose des produits sans parfum, sans colorant – ne pensez pas changer le monde, c’est tout de même une marque Unilever (en plus j’ai acheté un démaquillant Simple qui contient un perturbateur endocrinien, bravo le veau).

Les marques distributeur s’y sont mis aussi, et on a le choix en ce qui concerne les produits pour bébé. Mais il y a un “mais” : parmi les composants de certains produits avec l’écolabel du cygne se trouve le phenoxy-éthanol, un conservateur à éviter d’après Que Choisir à cause de son effet irritant sur le foie des enfants.

L’équipement de puériculture

Les “must-have” pour bébé sont un peu différents en Norvège.

L’un des premiers objets pour bébé qu’on a acheté était une chaise Tripp-Trapp de Stokke. C’est une chaise évolutive puisqu’on peut bouger les deux plateaux, ajouter des accessoires, les jeunes enfants peuvent s’y asseoir seuls en se servant du premier plateau comme d’une marche et les plus grands (jusque 80 kg) peuvent s’y reposer également. On en trouve en France, mais il y a un problème de taille : le prix – environ 160 € neuf. Inventée par un norvégien, c’est un best-seller ici et il est ultra-facile d’en trouver en occasion à partir de 20-30€. La chaise de designer la moins chère du marché.

Autre objet incontournable, au point qu’on a peur de se faire dénoncer si on ne l’a pas : la peau de mouton. L’hiver, la peau de mouton est placée dans la poussette avec les poils du côté du bébé pour lui tenir chaud. L’été, c’est le cuir qui isole de la chaleur.

Mais la peau de mouton n’est pas suffisante l’hiver et il faut avoir un sac de couchage pour la poussette, qui permet de sortir quand il fait jusque -10°C. Faits de plumes et duvet d’un côté, et de laine de l’autre, le sac de couchage a des encoches dans le dos pour que l’on puisse passer les sangles de la poussette par exemple. L’un des sacs les plus populaires est fabriqué par Voksi, une marque norvégienne. Il y a de quoi s’estomaquer en voyant le prix (200€ le sac de couchage nouveau-né + prolongement pour enfant en bas-âge), mais encore une fois la popularité du produit est un plus : on en trouve facilement à des prix intéressants en deuxième main.

On peut également utiliser le sac de couchage si l’on met bébé dans une pulka : une espèce de luge que l’on tire derrière soi quand on part faire du ski de fond. Attention cependant, dans un livret que l’on reçoit après la naissance, les consignes sont claires : il vaut mieux éviter de mettre son enfant dans une pulka avant ses 6 mois. Dans un autre dépliant, on apprend que la pulka est autorisée ensuite, à condition qu’il fasse plus de -10°C.

Dernière spécialité locale : le babynest, qui a plus précisément l’air de venir de Suède. Le principe est simple : le bébé est au milieu, et les rebords sont un peu rembourrés pour le rassurer et lui offrir un petit cocon. Voilà. Si vous avez des enfants, vous vous poserez peut-être la question suivante : Quid de la mort subite du nourrisson ? Eh bien en effet, le babynest n’est pas du tout recommandé, et pourtant il s’en vend!

La sécurité

S’il se vend malgré tout tant de babynest, c’est que les norvégiens sont plutôt… ouverts en matière de sécurité pour prévenir la mort subite du nourrisson.

En France, parmi d’autres injonctions, on conseille de ne pas faire de cododo, de ne pas avoir de couverture, de nid d’ange, de tour de lit ou tout autre chose dans laquelle le bébé pourrait s’étouffer.. au point que lorsqu’on nous a offert une petite couverture, je me suis demandée à quoi elle pourrait bien nous servir.

En Norvège, c’est plus… walou! À la maternité, les nouveaux-nés ont une couverture. Quand on a demandé à une sage-femme si on pouvait mettre notre gigoteuse au bébé pour la nuit, elle l’a prise du bout de son stylo et l’a regardée comme une vieille capote. Il se vend bien des gigoteuses à Ikea, mais elle a dit qu’elle n’avait jamais vu de truc pareil. Le plus surprenant, c’est qu’une autre sage-femme nous a proposé de nous montrer comment bien coincer bébé dans sa couverture, entre nous deux dans le lit (si vous êtes nullipare, ça veut dire : ALERTE double-risque de mort-subite). Merci mais non merci.

Vous êtes étonné-très-étonné par cette info ? Voici un des prospectus que l’on a reçus : comment organiser le cododo.


Les conseils d’hygiène

Pour juger de la sécurité comme de l’hygiène, j’ai du mal à me détacher de mon approche française – ou peut-être de mon approche de parent qui veut le meilleur pour son enfant. Concernant la sécurité de l’enfant, l’approche norvégienne consiste à évaluer et parer les risques plutôt que de supprimer une activité. Admettons. L’approche pour l’hygiène n’a pas l’air si lointaine : les pages françaises qui détaillent les soins à apporter au cordon ombilical expliquent qu’il faut compresses stériles, produit antiseptique et produit asséchant. Et en Norvège ? À la maternité, on nous montre qu’après le bain, il faut sécher le contour du cordon avec un coton-tige. C’est tout.

Pour aller plus loin…

Après un tel billet que seuls mes parents auront lu en entier, une petite conclusion s’impose. Rien ne peut être absolument parfait, mais j’ai beaucoup apprécié la tranquillité, le respect et la liberté de ma grossesse en Norvège sur le plan médical bien sur, mais aussi du point de vue sociétal. Trouver un emploi en étant enceinte me parait être (malheureusement) une bonne surprise, et la possibilité pour mon bonhomme de prendre des congés parentaux sur un pied d’égalité est tout simplement super. Bref, ce sont des conditions que je souhaite à tout le monde.

A Lire : d’autres grossesses en Norvège

Le meilleur pays pour être mère… Partie 1 : l’accouchement
Accoucher dans la chambre de l’État norvégien
Accoucher en Norvège, why not?

Having a Baby in Norway – An Introduction
Having A Baby In Norway – Baby Equipment
An Idiot’s Guide to Having a Kid in Norway
Being pregnant in Norway
Pregnancy In Norway: What To Expect When Expecting

10 Surprising Things About Parenting in Norway

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6 thoughts on “Avoir un bébé en Norvège

  1. Alors je ne sais pas du tout pourquoi je suis arrivée à lire ton post jusqu’au bout ;) mais sache que en Islande aussi il y a plein de chaises évolutives stokke, y compris dans les restos comme chaises bébé.
    En tout cas félicitations et bonne continuation :)

    1. C’est cool, y’a pas mieux que les chaises Stokke :) ici aussi il y en a souvent (ou alors les Ikea, mais elles sont pas géniales) – et lors de nos voyages en Islande on regardait pas vraiment ce genre de choses.

  2. C’est cool ton article, j’apprends plein de mots. (Primipares, aménorrhée)

    Mais sinon, TU NE SAVAIS PAS QU’IL NE FALLAIT PAS MANGER DE BALEINES QUAND ON EST ENCEINTE? :o

    C’est fou le prix des couches en france % en Norvège.

    Et si si il y a d’autres gens qui ont lu tout l’article :)

    1. NON JE SAVAIS PAS! :)
      C’est chaud pour le vocabulaire : nous on doit l’apprendre en francais (“c’est quoi une chancelière ?”) et en norvégien (“aaaah, un vognpose!”).

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