3 ans en Norvège

3 ans en Norvège

En temps normal je ne suis pas très nostalgique des anniversaires, sauf le mien peut-être parce que c’est l’occasion de faire un gâteau au yaourt aux abricots et moi, le gâteau au yaourt aux abricots ça me rend nostalgique. Toujours est-il que ce mois-ci, nous fêtons nos 3 ans de vie en Norvège. 3 ans en Norvège, ça veut dire qu’on obtient le droit de vote et d’éligibilité aux élections locales, et ça aussi ça me rend tout chose (moins que les gâteaux aux abricots, mais un peu chose quand même).

Bien sur il y a des petits trucs qui nous irritent, notamment cette façon de prendre les ronds-points, ou encore le fait de voir des norvégiens gagner dans beaucoup trop de sports d’hiver chaque week-end, il y a des choses qui nous manquent, et je voudrais encore une fois vous parler du bleu des Causses (et des abricots), évidemment, mais aussi de la possibilité de prendre un billet de train ou la voiture au dernier moment pour rejoindre les copains en France, et enfin il y a tout ce qui n’a pas bien collé au plan de départ : je n’avais pas prévu la baisse du prix du pétrole et ses conséquences sur l’économie norvégienne et sur les miennes, et je pensais que nous pourrions nous dégager plus de temps pour visiter le pays.

Aux côtés des irritations, des manques et des regrets, il y a ces évolutions dues à notre cheminement bien sur mais aussi à notre adaptation au pays et à la ville. Je suis passée de 10 km en vélo par jour à Toulouse, à une vingtaine à Bergen, avant de me faire battre à plate couture par la pluie. J’ai pris ma revanche en apprenant à sortir entre les gouttes et on est devenus des pros pour partir faire une simple promenade ou une rando. On prend moins de trains pour rentrer voir nos familles, on prend plus d’avions et, comme à chaque fois qu’on change d’échelle et qu’on va un petit peu plus loin, faire 1h30 de TER ou un arrêt d’une nuit entre Grenoble et le Nord, pour une soirée entre amis,  ne nous parait être qu’un saut de puce. À chaque retour de France nous calons avec minutie les bouteilles d’alcool, les crozets, le confit de canard et notre petit sac-congélation spécial fromage. J’ai fait le deuil du bleu des Causs.. ah non, tout mais pas ça. J’ai fait le deuil des cagettes d’abricots de la Drôme l’été (quoique je remue la ville entière pour en trouver 6 à 4€ pour mon gâteau) et me repais plutôt des groseilles dont j’ai trouvé la cachette et des framboises bradées.

Enfin il y a tous ces petits et grands détails qui font que nous sommes contents de vivre ici. La tranquillité au quotidien, même quand on court en leggings et en pull fluo, et parce que je n’ai jamais été harcelée ni dans la rue ni dans les transports, parce que les voitures s’arrêtent aux passages piétons, parce qu’on entend très rarement des klaxons, parce qu’on ne se pose plus trop la question “est-ce qu’on a le droit de passer par ici?”, parce qu’on obtient le droit de vote. On aime aussi se dire que parler norvégien, c’est une compétence qui ramène pas mal de points dans le genre inutile dans le reste du monde, et on aime jongler entre 3 langues chaque jour et découvrir toujours de nouveaux mots provenant d’un dialecte, quelque part. On se plait aussi parce qu’à la TV il n’y a pas de procession quotidienne des lieutenants politiques venant placer leur mots-clés et soulever des polémiques pour faire parler d’eux, parce que lors des débats les gens lèvent le doigt pour avoir la parole, et bien sur parce que c’est un beau pays.

Alors voilà, on fête nos 3 ans, on ne sait pas encore pour combien d’années on rempile mais d’après les changements qui se profilent, on se dit qu’on sera bien ici encore quelques temps au moins.

 

ps: j’en profite pour ajouter quelques photos de Bergen, provenant de mon Instagram, parce que c’est toujours bien d’avoir des images à regarder.

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5 thoughts on “3 ans en Norvège

    1. Merci!
      C’est vrai que 3 ans ca peut paraitre court, mais je pense que c’est une période suffisante pour comprendre la société et se faire une idée de la politique que l’on supporte au niveau local. Après tout, ca veut aussi dire qu’on paye des impôts sur place depuis 3 ans ;)

  1. J’y ai passé mes toutes fraiches dernières vacances et je me suis posée la question de déménager un jour peut-être pour la Norvège, la Suède ou l’Islande. Vu de loin, beaucoup de choses me paraissent assez utopiques dans ces pays et c’est toujours tellement beau pour quelques jours de vacances. On a rencontré un français, dans la rue, a Oslo avec mes potesses. Il nous a expliqué être en Norvège depuis quelques années. et je lui ai demandé ce qu’il pensait de la vie a Oslo : il m’a dit que c’était génial, que les gens étaient protégés pour tout dans ce pays (je pense qu’il parlait des avantages sociaux au travail).

    1. Comme dit dans l’article, je suis plutôt contente, mais bien sur il y a des points négatifs. Évidemment, discuter rapidement avec quelqu’un te donnera l’impression que tout est parfait ou, au contraire, que ce n’est pas vraiment terrible du tout – ca dépend sur qui tu tombes, s’il est arrivé là par hasard ou non, d’où il vient et où il vit. Pour ma part, quand je fais du “small-talk” j’ai l’air 100% contente, mais les choses sont plus nuancées et, même sur le blog, je préfère ne pas m’éterniser sur les choses négatives, parce qu’il y en a toujours.
      Bref, avant de vraiment déménager un jour, il vaut mieux se renseigner au maximum histoire de ne pas tomber de haut.

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