Gastronomie norvégienne : une exploration du supermarché

Gastronomie norvégienne : une exploration du supermarché

Aujourd’hui j’ai envie de parler des spécificités de la gastronomie norvégienne, en présentant les aliments que l’on peut trouver dans un supermarché. Les supermarchés ici sont relativement petits (de la taille d’un Casino supermarché, voire plus petit), il y a généralement peu de choix mais vous pourrez aller de surprise en surprise dans un même rayon. Je les ai classés en trois catégories, pour que vous repériez facilement où sont les pièges et qu’offrir à votre meilleur ennemi.

À adopter

Sitronpepper

Le sitronpepper, j’en ai déjà parlé ici. C’est un mélange d’épices, de sel et de poivre qui va à merveille avec le saumon. Soupoudrez le poisson, enfournez-le et c’est fini! Prix : entre 25 et 30 kr.

 

Kryddermakrell

Depuis qu’on a déménagé en Norvège, on mange plus de poisson. Contrairement à ce que ceux qui me connaissent pourraient penser, on ne mange pas plus de saumon, mais plus de variétés de poisson : du cabillaud, du skrei et du maquereau. Ma version préférée du maquereau, c’est lorsqu’il est “cuit aux épices”. C’est sensiblement différent de la version fumée (le goût n’est pas aussi marqué), et suivant le procédé le filet peut être très tendre. Il existe la même chose avec le saumon, dont le souvenir me met une petite larme à l’oeil. Prix : à partir de 105 kr/kg.

(source photo : Sirevaag)

 

 

 

Skrei

Le skrei, c’est une sorte de cabillaud frais pêché aux larges des îles Lofoten pendant l’hiver. J’en ai déjà parlé ici. C’est très bon lorsqu’il est poêlé et accompagné d’une sauce aux échalotes, et à un prix très très abordable (du moins en Norvège. J’ai cru comprendre qu’il était aussi exporté en France à présent, je ne sais pas à quel prix), si bien que nous avons déjà acheté 4 kg cette année. Prix: à partir de 60 kr/kg.

  MFI_7872 HRH Crown Prince Haakon with skrei on M/S Senjaland

(source photos: Norwegian Seafood Council, ici et là pour le prince Håkon de Norvège )

Chips

S’il y a bien une chose qui nous a fait craqué dès le début et pour lequel notre petit penchant est encore là, ce sont les chips, et en particulier les chips Sørlands. Elles ont la particularité d’être drôlement plus craquantes que leurs homologues francaises. Il y a une dizaine de goûts et même des éditions spéciales pour les grands moments de la vie (les JO, les championnats du monde de ski, mais aussi Noël, l’été…), mais nos goûts préférés sont Rocka Paprika et Salt & Pepper. Prix: entre 15 et 30 kr.

Knekkebrød

Vous pensiez que les scandinaves ne mangeaient que des Krisprolls ? Bon, et bien les norvégiens sont plutôt Wasa et surtout Knekkebrød (knäkebröd en suédois, pain croquant) : des tranches aux céréales et sésame qu’ils mangent le matin avec des maquereaux aux tomates, ou alors une tranche de fromage brun et de la confiture. Nous on en mange plutôt lors d’un brunch, avec du kremøst (une sorte de Boursin) sur lequel on ajoute une tranche de saumon fumé. C’est bon (enfin, moi j’aime pas trop les Wasa, je préfère les Mesterbakeren). Prix : une vingtaine de kr pour une dizaine de tranches.

(source photo : Tore Lonar)

 

 

 

 

Les fraises

Les fraises norvégiennes ont un grand atout : l’été, elles sont exposées au soleil très longtemps dans la journée et sont donc bien sucrées. Par ailleurs, elles sont au même prix que les fraises importées (il y a une très grosse taxe à l’importation), si bien qu’on n’hésite pas à en acheter. Prix : à partir de 25 kr pour 500g.

Renne

Le renne n’a pas vraiment l’air d’être une religion ici, en tout cas moins qu’en Suède. Il est néanmoins possible d’en trouver à tout moment de l’année au rayon surgelé des supermarchés, si l’envie vous en prend.

Risgrøt, rømmegrøt

Le Risgrøt (prononcez rissegreute) est à peu près une version non sucrée d’un riz-au-lait. Et le rømmegrøt (reumeugreute) un riz-au-lait sans riz – un au-lait, quoi. Ce plat a l’air de se manger plutôt comme un plat le midi (mais nous on continue à le considérer comme un dessert). Une fois le risgrøt prêt (cuisiné ou déballé de son emballage et réchauffé au micro-onde), ajoutez du sucre, de la cannelle et une pointe de beurre. À partir de 20kr pour 2-3 personnes.

(source wikipedia)

 

 

 

 

 

 

 

 

Le beurre

Bon, vous connaissez le beurre. Vous connaissez le beurre breton salé. Mais vous ne connaissez pas le beurre norvégien, avec une toute petite pointe de sel qui apparaît comme le second effet kiss-cool.

Engangsgrill

Les engangsgrills, que l’on peut traduire par “barbecue à usage unique” ne se mangent pas. Par contre, qu’est-ce qu’ils sont parfaits à emmener quand on part en voiture ou vélo avec une salade de pâtes et des côtelettes et saucisses prêtes à cuire. C’est devenu notre sport préféré durant l’été. À partir de 15 kr le petit BBQ.

À goûter

Brunost

Le brunost, littéralement fromage brun, est un fromage de chèvre caramélisé. Ca s’annonce mal me direz-vous, et vous avez raison : ce n’est pas très bon. Enfin ce n’est pas mauvais non plus, mais je n’ai jamais trouvé comment apprécier ce fromage exactement, même si je sais que les norvégiens le savourent avec de la confiture. Le tout se présente comme un gros bloc marron ressemblant à un pain de plastique – d’ailleurs, en 2013 un camion de brunost a pris feu et bloqué l’accès à un tunnel. Ne vous découragez pas cependant : certains français aiment le brunost. Prix: environ 50 kr le bloc.

(source photo)

 

 

Fenalår

Le Fenalår n’est rien d’autre que du mouton séché, sous forme découpée comme du jambon ou bien, à Noël, sous forme de cuisse à découper. Nous on aime bien, c’est très bon en raclette et dans une crêpe, mais ca reste du mouton et le goût est assez fort. Le prix également (environ 400 kr/kg).

Kvikk lunsj

Le Kvikk lunsj (“quick lunch”), c’est du Kit Kat. Exactement la parfaite copie. Le bonhomme qui a importé ca en Norvège a copié la recette, puis il a dit que c’était le petit snack parfait pour partir en montagne. Et comme les norvégiens adorent partir en montagne, ils adorent manger leur Kvikk Lunsj au sommet. Voilà.

(source)

Les harengs (sild)

Le rayon harengs est particulièrement bien fourni. Il y a toutes sortes de harengs marinés, et vous serez ravis si c’est votre dada – dans ce cas, faites une petite croisière sur le Statsraad Lemkuhl qui propose un buffet de harengs!

Nugatti

Le Nugatti est une pâte à tartiner au chocolat, qui remplace le Nutella. Les puristes auront envie de dire “peut-on vivre sans Nutella?” : eh bien oui, longtemps la Norvège n’a eu que des ersatz (coucou le Kvikk Lunsj) et s’il est à présent possible de trouver du Nutella dans certains magasins, le Nugatti fait légion ici sous toutes ses formes : Nugatti original, Nugatti au chocolat au lait (le bleu, mon préféré), aux noisettes, etc…

Kransekake

Le kransekake est un gâteau aux amandes confectionné pour les fêtes (Noël, mariage, Pâques…). Il est très beau, très bon, un peu étouffe-chrétien et malheureusement assez cher en magasin.

(source – celui-ci est très certainement fait maison)

Krumkake

On continue avec les gâteaux traditionnels : les krumkakke sont préparés à Noël, et remplis de crème, et c’est plutôt bon.

Kjøttkaker, kjøttballer, karbonader

Tous les dérivés de viandes (gâteaux, boulettes ou karbonader) ne sont pas mauvais, même si on se pose toujours des questions sur la qualité des produits. Le problème récurrent pour les touristes, c’est qu’ils achètent ca ou un burger en pensant qu’ils auront un steak comparable aux steaks que l’on trouve en France, et ensuite ils sont déçus.
Pour notre part, on préfère acheter de la viande hâchée et préparer les karbonader ou boulettes nous-même.

Raspeballer

Voici des boulettes de patates et farine, que l’on fait cuire comme on peut (avec du sel, des saucisses) dans le but inavoué de leur conférer un peu de goût. Ça ne marche pas vraiment, mais au moins ce n’est pas mauvais.

(source)

Lefse

Je continue dans les dérivés de patates avec les Lefse, une sorte de crêpe à base de patates pour manger des choses sucrées. Par exemple, on peut y ajouter de la crème, du sucre et de la cannelle.

Lompe

Une lompe, c’est très différent : c’est une sorte de crêpe à base de patates pour manger des choses salées. Par exemple, des pølser (=grosses saucisses knacki, la base même de la culture norvégienne). À l’est, les gens mangent surtout leur pølse dans un pain-brioché-sandwich. À l’ouest du pays, le pain-brioché-sandwich est tout aussi populaire dans les Narvessen et 7-eleven (des chaînes de magasins qui vendent des journaux, des pølser et des glaces. À Bergen ils vendent aussi des parapluies, ce qui doit constituer 80% de leurs revenus d’après mes estimations personnelles), mais lors des BBQ entre voisins, les lomper sont de mise.

Une lefse vs une lompe

Pinnekjøtt, Svinneribbe

À Noël vous verrez fleurir dans l’ouest du pays des boites de Pinnekjøtt, tandis que l’est préfère le Svinneribbe. Pour en savoir plus, je vous invite à jeter un coup d’oeil à cet article.

(source moi-même, youpi)

Physalis

Les physalis, ce n’est pas spécialement norvégien, mais c’est ici que j’en ai vu et mangé pour la première fois : les restos adorent en mettre sur leur dessert, pour décorer. Et c’est vrai que c’est très joli, par contre, ça n’a pas vraiment de goût.

(source)

Grandiosa

J’aborde enfin un monument de la gastronomie norvégienne, le Jean-Jacques Goldmann des spécialités locales, la Reine Elizabeth des mets, j’ai nommé : la Grandiosa. Pizza préférée des norvégiens puisque ce fut la première pizza surgelée dans le pays, elle est encore indétrônable aujourd’hui. Sa spécificité ? Aucune. Mais il s’en vend des millions chaque année. Si vous voulez avoir une petite larme à l’oeil, regardez la dernière pub :

 

 

À goûter… et à oublier

Voici le meilleur du pire de la gastronomie, les bizarreries les plus étranges et les moins appétissantes (encore une fois : attention aux âmes sensibles)

Kaviar

Le kaviar, ce n’est pas du caviar, mais du n’importe quoi en tube. Des oeufs de poissons, mais j’appelle aussi “kaviar” tous les trucs bizarres en tube (généralement des mêmes fabricants, par exemple Kavli) : le fromage bleu, le fromage au bacon, le fromage goût poulet-BBQ, le fromage au piment Japaleños… Bref, c’est bizarre, j’en ai mangé lors de ma première semaine en Suède et je n’ai jamais recommencé.

(source photo)

Möller’s tran

Le Tran, ou l’huile de foie de morue, est ancrée dans la culture norvégienne depuis des années. À cause des longs hivers et du manque de soleil, il est recommandé de consommer du poisson gras régulièrement pour avoir suffisamment de vitamine D, qui aide à fixer le calcium – c’est un truc qu’on nous dit beaucoup, en cours de norvégien ou lors d’un checking santé chez le médecin. Les norvégiens ont le secret : boire une cuillière de Möller’s Tran chaque jour.

On a essayé et… ce n’est pas bon. Ce n’est pas mauvais, en fait, ca n’a pas vraiment de goût, mais ce n’est pas bon. Après 2 ou 3 jours (on est valeureux!), on a finalement décidé qu’acheter des vitamines sous forme de comprimé était une meilleure idée.

(source)

Smalahove

La smalahove, alias la tête de mouton, c’est le grand défi de l’intégration culturelle ici à Bergen. C’est une spécialité de l’ouest du pays que les restaurants proposent généralement de novembre à décembre, pour le menu de Noël (Julebord). Personnellement, je ne suis pas intégrée culturellement et je n’ai pas très envie de l’être.

(source photo, avec les détails sur la façon de déguster votre tête de mouton)

Baleine

La baleine, on m’a dit que ce n’est pas mauvais, quoiqu’un peu fort comme viande rouge. Si vous posez la question, les norvégiens vous en parleront comme ils vous parleraient d’un renne, et vous expliqueront que c’est pas des grosses baleines qu’ils tuent, mais des petites. Ça leur paraît tellement normal qu’on peut parfois en trouver au supermarché à partir de 80 kr/kg.
N’empêche, ma conscience a décidé que je ne voulais pas gonfler les rangs de la demande, et que je n’en mangerais pas… sauf qu’une fois à un resto de sushi, lors d’une commande dégustation pour un groupe, il nous en a été servi. Alors quitte à ce qu’elle ait été tuée, j’ai mangé 2 sushis. Voilà. C’est de la viande rouge. Et c’est mal d’en manger.

Fiskeballer, fiskekaker

Les boulettes/gâteaux de poisson, c’est un peu l’erreur du débutant. Atterré par les prix dans les supermarchés norvégiens, on se rabat invariablement sur les Fiskekaker en se disant 1/ c’est moins cher, 2/ en Norvège, les gens mangent du poisson, 3/ YOLO! Sauf qu’en fait, sérieux, c’est pas bon.

Remarque: on m’a dit que les vrais fiskekaker, faits maison, sont bien meilleurs. Je vous laisse en juger.

Lutefisk

Le lutefisk, comme la smalahove, j’en ai déjà parlé ici. Il s’agit de poisson séché, puis réhydraté, gélatineux et sans goût alors il faut ajouter plein de lardons. Certains m’ont expliqué qu’ils ne comprenaient pas : il y a encore une vingtaine d’années le Lutefisk était le repas du pauvre par excellence, mais à présent c’est devenu un plat de Noël hype et cher. Attention à vous si vous commandez ce plat dans un restaurant : il y a parfois deux tournées!

Klippfisk, Tørrfisk

Le klippfisk et le tørrfisk, c’est du poisson séché comme le Lutefisk, qui peut se garder jusque 15 ans. Généralement de la morue, comme le Lutefisk. Ensuite on le réhydrate et zouh, comme le Lutefisk. Alors, quelle est la différence entre le Klippfisk et le Lutefisk ? Ok, je n’en sais rien, je m’avoue vaincue et je n’irai pas à Masterchef spécial poisson séché. En revanche, wikipedia vient de m’apprendre la différence entre le Tørrfisk (poisson séché) et le Klippfisk (poisson découpé) : le Tørrfisk sèche dehors, au vent, sans ajout de sel. Le Klippfisk, considéré comme plus raffiné, sèche à l’intérieur et on y ajoute constamment du sel.

 

Enfin, dans la catégorie poisson j’aurais également pu ajouter “le vieux poisson pourri”, mais la proportion de norvégiens mangeant du vieux poisson pourri doit avoisiner les 5-10% d’après mon expérience, et je n’ai donc pas beaucoup d’info sur le sujet. Je vous tiens au courant si un jour on est invités à un repas de vieux poisson pourri.

 

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8 thoughts on “Gastronomie norvégienne : une exploration du supermarché

  1. Haha, ton article m’a rappelé notre périple en Norvège.
    On avait d’ailleurs acheter un bloc de brunost qui a fini en pâte à modeler…

    1. Bonne utilisation!
      Nous la première fois, on s’était méfiés et on avait acheté un tout petit paquet avec des tranches déjà faites… et je crois pas qu’on les ait finies non plus :)

  2. Merci pour cet article qui m’a rappelé mes découvertes (bonnes ou moins bonnes) de nourriture scandinave…

    J’avais bien aimé le brunost par contre, pas tellement tout seul, mais avec de la confiture de fruits rouges (de préférence une bonne confiture, c’est finalement elle qui fait que c’est bon). Et le rayon des wasa/autres trucs du genre m’a toujours impressionnée.

    1. Hehe, c’est bien pour ca que j’ai mis le Brunost dans “à goûter” et pas dans “à oublier” : j’ai déjà remarqué que certains aiment (ca doit être leur super-pouvoir).

  3. Super article, détaillé et les photos sont sympa, on m’avais dit que la nourriture en norvege était chère, apparement c’est le cas !

    1. Disons qu’elle est chère pour le peu de qualité… si ce n’est en ce qui concerne le poisson, là il y a des prix corrects (par rapport au niveau de vie j’entends).

    1. Effectivement, ils aiment bien en mettre aussi sur les gaufres, avec un peu de crème ou de confiture.

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