[Voyager en Norvège] Comment se déplacer dans le pays

[Voyager en Norvège] Comment se déplacer dans le pays

À force d’écrire des mails à nos invités sur les parcours qui pourraient les intéresser, je me suis dit qu’un tout petit effort me permettrait de donner ces infos à tout le monde. Premier article d’une série visant à préparer vos vacances en Norvège.

En voiture

Se déplacer en Norvège est plus difficile qu’il n’y parait. Si vous souhaitez parcourir le pays en voiture, sachez qu’il est étiré, de nombreuses routes sont très étroites, il y a beaucoup de lacets à cause des montagnes, et si vous longez la côte il faudra prendre des ferrys. Enfin, les routes sont au mieux limitées à 80 km/h.

Ainsi pour vos trajets il ne faut pas compter les kilomètres mais le temps de trajet. Par exemple pour relier Bergen à Ålesund, 235 km à vol d’oiseau, il vous faudra jusqu’à 8h de route pour parcourir les 400+ kilomètres effectifs.

Où louer une voiture ?

Il n’y a pas de réelle surprise quant aux compagnies de location. Comme partout il y a Hertz, Budget, Europcar, Avis, Sixt. Il y a aussi Rent a wreck, littéralement “louez une épave”, qui permet de louer une voiture un peu moins classe, mais moins chère.

Localement, vous pourrez trouver d’autres entreprises telles que Bergen Bilutleie, à Bergen (pour trouver d’autres entreprises dans d’autres villes, sachez que bilutleie = location de voiture)

Attention aux horaires lorsque vous louez : à moins de se trouver à l’aéroport, les entreprises ferment souvent avant 16h et sont, parfois, fermées le week-end.

Par ailleurs lorsque les entreprises de locations ne sont pas à l’aéroport, il vous faudra encore aller sur place. Ainsi pour Bergen Bilutleie, situé à Nesttun, il faut s’armer d’un bon plan (parce que les bus ne passent pas toujours aussi souvent que voulu, surtout l’été) et savoir que ca monte – pas pratique, si vous avez des bagages!

En train

Maintenant que j’espère avoir fait comprendre que louer une voiture, c’est pas toujours la meilleure solution, passons aux moyens de transport en commun.

Le train peut être très intéressant en Norvège : il s’arrête dans des petits patelins, et il y a des offres très intéressantes. Ainsi en réservant à l’avance sur NSB (billets achetables 3 mois à l’avance), vous pourrez acheter des billets Minipris à partir de 199 ou 249 kr (25 à 30 euros) vous permettant d’aller où vous voulez. Par exemple : vous arrivez à l’aéroport d’Oslo-Gardomoen et vous souhaitez aller dans les Lofoten ? 249 kr ! (et beaucoup d’heures de trajet).

L’inconvénient du train est inhérent à la géographie du pays : il y a beaucoup de montagnes et de côtes. L’image ci-dessous présente les lignes de train du pays, qui ne communiquent entre elles qu’à Oslo. Ainsi pour faire Bergen-Bodø en train, il vous faudra plus de 24h de train si tout se passe bien. Et si vous voulez aller jusqu’à Tromsø, il faudra utiliser un autre moyen de transport.

Le train se révèlera être un très bon moyen de transport si vous souhaitez quelque chose d’économique, si vous avez un vélo, ou encore si vous voulez visiter Oslo et Bergen à la fois : la ligne entre ces villes est souvent classée parmi les 10 plus belles lignes du monde!

À propos, si vous souhaitez emprunter le train entre Myrdal et Flåm, sur la ligne Oslo-Bergen, sachez que ce train est opéré par une compagnie privée et vous devrez payer un supplément à votre billet. Par ailleurs, il est possible de prendre un Ferry à partir de là pour rejoindre Bergen en parcourant le Sogneford. Plus d’informations dans les parcours proposés.

Enfin, une description du train de nuit entre Trondheim et Bodø est faite ici.

En avion

D’accord, l’avion c’est pas terrible pour votre bilan carbone, mais en Norvège vous l’aurez compris ca peut s’avérer drôlement pratique.

Vous serez peut-être arrivés en Norvège en empruntant un vol Air-France/KLM ou Lufthansa/SAS. Ou avec Norwegian.

À l’intérieur du pays vous pourrez emprunter Norwegian ou Widerøe (opérant en partenariat avec SAS).

Norwegian est une compagnie dite “low-cost” mais, pour l’avoir utilisé plusieurs fois, je pense que le terme low-cost vient surtout des super-promos dont on peut profiter (billet non-sponsorisé, au fait). À savoir : vous n’aurez pas votre petit gateau après le décollage (ce qui n’est pas non plus le cas avec SAS, alors c’est réglé).

Il y a un système très pratique pour voir le prix des vols en fonction des jours, au départ des villes. Par exemple avec Oslo.

Il y a très souvent des offres, ainsi on a pu profiter de billets aller-retour à 60 euros par personne, en incluant les bagages, pour aller de Bergen à Ålesund ou Trondheim. Enfin, si vous venez de l’étranger et que vous avez une correspondance à Oslo, sachez que ce n’est définitivement pas super, puisqu’il faut passer les douanes d’abord : récupérer les bagages, passer la douane, repasser la sécurité.

Widerøe est une autre compagnie opérant des vols intérieurs, parfois vers de toutes petites villes. Les prix sont moins agressifs (ils démarrent à 499 kr), les promos sont rares, mais voilà, ils ont des avions avec des hélices et ca c’est trop cool.

En bateau

L’Hurtigruten

Je ne parlerai pas des nombreux bateaux MSC, Costa Croisière, etc… provenant entre autre de Dunkerque (oui, oui), Amsterdam ou Oslo et qui déversent leur flot de touristes chaque jour de l’été. En revanche, certains pourront être intéressés pour prendre l’Hurtigruten, autrement connu sous le terme d’Express côtier.

L’Hurtigruten est historiquement le ferry qui permet de relier tous les petits villages de Norvège entre Bergen et Kirkenes, à la frontière russe, en une petite semaine. Vous pouvez l’emprunter pour faire tout le voyage, ou simplement pour sauter d’une étape à une autre.

Nous l’avons emprunter pour aller des Lofoten à Tromsø. Dans ce cas, nul besoin de prendre une chambre pour dormir : trouvez vous une place sur un canapé ou sur le pont s’il fait beau. En regardant les plans du bateau, vous pourrez trouver une ou deux douches libre-service, parfait pour votre petite toilette. En revanche, mauvaise nouvelle : non, vous ne pourrez pas accéder au spa. C’est moche, je sais.

Je crois que pour nous, fringuants voyageurs épris de pâtes et de riz à chaque repas, 17h de voyage étaient largement assez. Descendre d’un bateau pour prendre un bus qui nous emmène prendre des photos, puis revenir au bateau où l’on guettera l’ouverture du restaurant – très peu pour nous. Si néanmoins ce genre de voyage c’est votre dada, vous pouvez regarder des carnets de voyage.

Les ferrys

Pour faire des sauts de puce lors de votre voyage, vous pouvez également utiliser de plus petits bateaux.

Les compagnies usuelles sont Fjordline (qui relie le Danemark à la Norvège : Kristiansand, Stavanger, Bergen)(EDIT – depuis 2016, il est possible de faire Bergen-Stavanger ou Stavanger-Bergen, sans aller jusqu’au Danemark), Rodne, Fjord1, Norled

À partir de Bergen il est par exemple possible de prendre le ferry pour :

  • Flåm, en remontant le Sognefjord (environ 250 kilomètres), où vous pourrez prendre le train Flåm-Myrdal.
  • Nordfjord, un fjord au nord du Sognefjord
  • Rosendal, dans le Hardangerfjord (pour aller à Odda et Trolltunga, il faudra payer un supplément pour le bus, dans le bateau).

Pour les nombreux autres ferrys dans tous les petits coins de Norvège, ainsi que pour les bacs transportant les voitures, sachez que vous trouverez sans doute plus de choses sur google en tapant “Ferge ville1 ville2″ (fergeferry, en norvégien)

Attention, mieux vaut essayer de trouver les horaires des ferrys à l’avance, pour être sur que la ligne est toujours assurée.

Edit 2015: Des amis nous ont fait remarqué que dans le Sognefjord au nord de Bergen, la liaison Gudvangen-Kaupanger ne sera plus assurée. L’info est donnée sur le site de l’opérateur Fjord1 ainsi que dans la presse locale (savourez, c’est écrit en nynorsk). Apparemment une entreprise, qui aurait décidé de s’appeler Fjord2, souhaite reprendre la ligne mais ils ont été assignés en justice.

De la même façon, le ferry Valldal – Geiranger ne tourne plus cette année.

En car

Sans parler des bus dans les villes (à Oslo, à Bergen…), il existe de nombreuses compagnies de bus à travers le pays et il faut chercher un peu pour trouver ce qui nous intéresse.

Dans le Hordaland (la région dont Bergen est la capitale), vous pourrez trouver des horaires de bus sur Skyss. Plus de détails pour Bergen sont donnés ici.

Pour de plus longs trajets, par exemple Stavanger-Bergen, il y a possibilité d’utiliser le Kystbussen (bus de la côte), quasi-5h et 400 kr l’aller (400 kr si vous réservez au moins 6h à l’avance, sinon c’est environ 500 kr), ou Nettbus, qui opère dans le sud de la Norvège.

Enfin, vous pouvez aussi regarder les bus de Nor-way (qui s’occupe du Kystbussen).

Les bus ne s’arrêtent pas systématiquement à tous les arrêts, aussi ne faut-il pas hésiter à discuter avec le chauffeur si vous n’êtes pas sûr du moment auquel appuyer sur le bouton Stop. Par ailleurs, nombres de petits arrêts ne sont pas signalés sur les cartes pour simplifier la lecture. Pourtant, si le bus y passe, il est tout à fait possible de s’y arrêter!

Voici le nécessaire pour comprendre les horaires de bus :

  • bare = seulement
  • skd = les jours d’école
  • mandag, tirsdag, onsdag, torsdag, fredag, lørsdag, søndag = lundi, mardi, mercredi, jeudi, vendredi, samedi, dimanche

En vélo, à pieds

Le paragraphe sera beaucoup plus court, mais pour aider les aventuriers qui passeraient par là :

Si vous êtes un cycliste, bienvenue! Étant donné le nombre impressionant de tunnels en Norvège, et je parle des petits tunnels de 2 km comme des longs tunnels de 24 km, il vaut mieux bien prévoir son trajet avant de partir.

Pour cela, Opencyclemap sera votre meilleur ami. Pour préparer notre parcours depuis le Sognefjord, j’avais également utilisé Bikemap, qui permet de visualiser le dénivelé, marquer les campings, etc. Une fois votre parcours prêt vous pourrez vérifier, en zoomant beaucoup, qu’il n’y ait pas de tunnel.

À titre indicatif, pour des cyclistes normaux (= des jeunes qui essaient de se tenir en forme, mais qui ne sont définitivement pas des foudres de guerre), vous pouvez compter 50 à 65 km/jour environ, histoire de vous reposer et de profiter du paysage. Attention sur Bikemap, vos trajets en ferry sont comptés comme des kilomètres.

Si vous êtes piéton, bienvenue aussi. Il est possible de relier Oslo à Bergen en 440 km en une douzaine de jours d’après ut.no (bon, ca fait 36 km/jour, faut être endurant) en dormant en hytte ou sous la tente. Les infos et cartes sont par ici.

Enfin, pour toute question super pointue, vous pouvez toujours vous référer au super forum sur la Norvège.

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7 thoughts on “[Voyager en Norvège] Comment se déplacer dans le pays

  1. Bonjour,
    Notre voyage en Norvège approche alors je peaufine les derniers détails. Nous atterrirons à Oslo et souhaiterions rallier le centre-ville en train. J’ai repéré plusieurs lignes (L12, R10 et R11) susceptibles de nous conduire au centre. Si j’achète nos billets sur internet (par exemple celui de 16h43 avec la ligne L12), serait-il possible, une fois sur place, de prendre un autre train (celui de 16h03 ou de 17h03 ligne R10) avec ces mêmes billets ou est-on obligés de prendre le train réservé ?
    Merci d’avance pour votre réponse !

    1. Bonjour,
      Malheureusement j’ai relativement peu pris le train (à Bergen il n’y a qu’une ligne), alors je ne saurais pas vous répondre correctement.
      Cela dit, les trains sont réguliers et ils ne seront pas remplis (beaucoup de gens, depuis l’aéroport, prennent le Flytoget plus cher), donc vous n’aurez pas de problème pour trouver une place même en achetant au dernier moment. D’ailleurs, si je me souviens bien, il y a une borne NSB à l’endroit où l’on récupère les bagages, alors pendant que l’un attend que les bagages arrivent, l’autre peut acheter les tickets pour le prochain train :)

  2. Bonsoir je désire vivre en Norvège pour un an et je veux savoir comment obtenir un logement pas cher et un job

    1. Bonjour,

      Chaque situation est particulière, et je n’ai pas de recette miracle permettant de trouver job et logement (sinon je l’aurais bien entendu utilisée).
      Le mieux est de bien se préparer, notamment en apprenant le norvégien. Et en attendant, la maîtrise de l’anglais est très importante. Pour le reste, je suppose qu’avoir des contacts sur place, beaucoup d’énergie et un peu de chance est nécessaire.
      Je ne peux pas dire mieux, si ce n’est Lykke til!

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