Julebord et Julemat sont sur un bateau

On est arrivés à bout des Julebord (à prononcer “youlebour”), les repas de Noël qui se déroulent en novembre et décembre. Il peut n’y avoir qu’un seul Julebord, mais il se peut aussi que vous soyez invités au repas de l’équipe, puis au repas de l’entreprise, puis à celui de la maison mère de l’entreprise. À nous deux, on est allés à trois Julebord mais on aurait pu aller à 5 (voire 6 sur un mal-entendu, mais comme on dit sur Facebook : it’s complicated). It’s tellement complicated que j’ai jamais autant bu à un discours. Quoiqu’il en soit, ce fut aussi l’occasion de découvrir le meilleur des pires plats norvégiens!

Âmes sensibles, je vous conseille d’éviter la fin de l’article.

À peu près tous les restaurants de Bergen proposent les Julemat (bon, je vous le dis : julebord, julemat… “jul” ca veut dire Noël en norvégien)(donc julemat = repas de Noël), y compris la cafétéria qui sert des tartines et des parts de gateau dans le gros centre commercial. Pour ma part je me suis rendue au Bryggeloftet og stuene et au Colonialen, des resto qui, comme tous les resto norvégiens, vous posent cette question “Avez-vous vraiment envie de dépenser 60-70€ pour un repas?” (les repas de Noël c’et pas pareil, on est invités)(à chaque fois qu’on se dit qu’on va se faire un resto, on conclut qu’on cuisinera aussi bien et moins cher à la maison).

Contrairement à la France, le saumon n’est absolument pas du tout un plat classe pour Noël. Les norvégiens sont d’ailleurs les premiers surpris d’apprendre ca.

Ici, il y a à peu près autant de repas classiques de Noël que de dialectes. Il y a beaucoup de dialectes. Beaucoup beaucoup. Je vais vous en présenter quelques-uns (de repas, pas de dialectes).

Le Lutefisk

Le lutefisk se prépare pendant des jours et des jours. La recette consiste à prendre du poisson séché (souvent de la morue) puis à le réhydrater en le trempant dans l’eau, de l’hydroxyde de sodium, puis de l’eau. À la fin ca donne un poisson gélatineux et, parait-il, sans goût. Alors il faut rajouter un max de lardons dessus.

Attention, si vous décidez de dépenser 60 euros au Brygge Loftet og stuene pour ce qui était historiquement un plat de pauvre, sachez qu’il y a deux services de Lutefisk. Oui, il faudra en remanger.

Parmi les gens que j’ai rencontrés, nombreux sont les sceptiques. Je me contenterai de recopier une partie de la page wikipedia du Lutefisk:

Lutefisk is not food, it is a weapon of mass destruction. It is currently the only exception for the man who ate everything. Otherwise, I am fairly liberal, I gladly eat worms and insects, but I draw the line on lutefisk. - Jeffrey Steingarten

Si vous êtes assez courageux, voilà la recette en VO.

Merci flickr pour les images!

Le svineribbe

Voilà un plat que j’ai mangé! Enfin, j’ai mangé une variante gastronomique du genre “j’vais partir sur du svineribbe, mais je vais l’enrouler sur lui-même”.

Il s’agit de porc (une variante mouton existe aussi) mais ce n’est pas tout à fait pareil que les ribs américains. Ici il faut un bon gros pavé avec toute la graisse, que l’on coupe bien soigneusement (comme pour un magret de canard)(aaaaah, les magrets de canards!). Ensuite on enfourne (enfin je crois, j’ai pas tout à fait lu la recette), ca devient croustillant, et à la fin on mange le gras, youpi!

Ce que j’ai mangé était très bon (même si j’ai été la seule de toute la table à ne pas manger le gras)(dit la nana qui n’a aucun scrupule à se faire du confit de canard + les patates cuites dans la graisse). Pour la recette en VO, c’est ici! (Google translate marche très bien!)

Le pinnekjøtt

Plat typique de l’ouest de la Norvège, le pinnekjøtt consiste à ramener à la vie des côtes d’agneaux séchées, salées, fumées. Pour cela, laissez dans l’eau pendant 24 à 30 heures. Il faut ensuite faire chauffer pendant 3h. J’vous le dis tout de suite : en ce moment au Storcenter, un centre commercial près de la gare des bus de Bergen, ca pue. Je crois que c’est à cause de la boucherie qui vend des pinnekjøtt.

Je n’ai pas encore goûté, mais on est sur le coup : il y a actuellement du pinnekjøtt dans la cuisine!

Merci flickr de me prêter une image autre que la smalahove à mettre en couverture!

La Smalahove

Alors, si au restaurant je n’ai mangé ni Lutefisk, ni pinnekjøtt, qu’ai-je donc pu manger?

Certainement pas de la Smalahove! Je crois qu’il me faudra plusieurs décennies d’acclimatation avant d’en manger. Moi, j’avais opté pour un steack de rennes avec son gratin (c’est mon côté dauphinois).

La smalahove est un plat régional provenant de Voss, à quelques encablures de train de Bergen. Pour faire court : il s’agit d’une demi-tête de mouton.

YUMMI!

Si vous voulez tester, sachez que dans certains restaurants vous aurez un bonus si vous mangez l’oeil. La recette? veux pas savoir (mais ici on vous explique comment ca se mange). Et si ca vous intéresse, on trouve des têtes de moutons toutes fraiches au supermarché!

Smalahove en premier plan, Lutefisk en haut à droite. Le combo gagnant!

Vous aussi, convaincus par la gastronomie norvégienne ?

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3 thoughts on “Julebord et Julemat sont sur un bateau

  1. Christelle

    On pensera à vous quand on mangera notre foie gras ;)

    • zerzer

      Faut pas s’en faire, on a toujours notre foie gras de secours!

  2. [...] vos papilles vous ont été gré de ne pas manger de smalahove, sachez également que [...]

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